« D'UN CHATEAU L'AUTRE » :
DE LA « MAISON DES ÉCURIES » DU DUC DE SAINT-SIMON
A LA RÉSIDENCE FERTOISE DE LOUIS-PHILIPPE;
Paru dans Bulletin Municipal de La Ferté-Vidame
(1990-1991, p. 46-56)
A suivre le très curieux document manuscrit donnant « L’Ordre chronologique des seigneurs de Beaussart, de La Ferté-Vidame et du Vidamé de Chartres» (1), dressé au milieu du XVIIIème siècle, à l’instigation de Jean-Joseph de Laborde, on peut voir que c’est le mémorialiste Louis, duc de Saint-Simon, qui « a fait bâtir, en 1718, le petit château de La Ferté », datation dont il a été donné de faire remarquer déjà (2) qu’elle coïncide parfaitement avec les assertions de l’écrivain, les Mémoires faisant allusion très imprécisement à l’important remboursement d’anciens billets d’épargne, « ce qui a payé ce qu’il a fait à La Ferté» (3). La représentation gouachée, qui fait partie de la suite des six pièces dues au talent de Louis-Nicolas van Blarenberghe et donne une idée très précise, image de la façade du bâtiment, côté parc, vers 1750, montre que l’architecture de pierre et de brique a été conservée jusqu’à nous dans sa quasi intégralité ; au-dessus des écuries et des remises, dont les ouvertures, à chaque arcature, sont une alternance de portes et de fenêtres (4), les pièces du premier étage abritaient la domesticité ducale et notamment le sieur Hachette, receveur du domaine de Monseigneur, qui y avait un cabinet pour serrer les papiers de sa gestion, et dont on a pu déjà évoquer la personnalité par le truchement de quelques papiers d’affaires et de lettres dûment revêtues du sceau ducal (5).
Encore que l’état du bâtiment ait requis d’urgentes réparations à la fin de la vie du mémorialiste, comme en atteste le mémoire dressé, en 1752, Jean-Jacques Léonard Talbot, capitaine des chasses du château et « inspecteur des bois, réparations et entretien du domaine » (6), il semble néanmoins qu’il ait été épargné par le marquis de Laborde, après son acquisition de juin 1764. L’appellation de « petit château », et non plus de « maison des écuries» utilisée du temps du duc, telle qu’on la rencontre après cette date, s’explique par l’aménagement partiel du rez-de-chaussée en habitation, modification qu’appelait très logiquement la création des écuries anglaises, à droite de l’entrée principale et de l’avenue qui conduisait au grand château, c’est-àdire à l’emplacement de la ferme actuelle située à droite du Saut-du-Loup. L’examen de la gouache de van Blarenberghe, confrontée à l’inventaire de 1797, apporte le plus formel démenti aux assertions anciennes selon lesquelles « le petit château» a été édifié sur les anciens communs par le même architecte, à savoir Mathieu Lecarpentier, qui fut chargé de bâtir la nouvelle demeure de M. de Laborde, en lieu et place de celle de Saint-Simon (7).
Tel est-il encore resté, en effet, du temps de l’occupation du domaine par le duc de Penthièvre, dont il semble bien qu’il eut à peine le temps de redonner au grand château lui-même le lustre que lui avait conféré son prédécesseur ; c’est ce qu’il appert de l’inventaire dressé le 20 novembre 1797 (8), où figure la description d’un : « bâtiment de 40 toises de longueur sur 5 de largeur, construit solidement en moellons avec chaînes de briques dans les trumeaux et bandeaux de même au pourtour des portes et des croisées, composé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage en mansardes, en tuiles et en bon état; la distribution consistant en 5 chambres, 4 chambres froides, une cuisine, un four, un cellier, plusieurs cabinets », avec le maintien « de trois remises », au rez-de-chaussée, et 11 chambres au premier étage, avec 5 cabinets, toutes pièces boisées en plein et bien carrelées, une seule parquetée » ; indépendamment « d’un petit bâtiment en retour d’équerre sur le petit château, à côté de la grille d’entrée, servant de logement de portier (9), à la suite est un autre petit bâtiment », de 3 pièces, « plus une petite cour dans laquelle sont 4 remises construites en charpentes. Vis-à-vis le Petit-Château est une cour pavée en cailloux... plus deux potagers ».
Échappant à la destruction consécutive à la séquestration des biens de la duchesse douairière d’Orléans, Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, alors émigrée, suivie de la vente désastreuse au vandale que fut l’agent de change Cardot Villers, en 1798, le petit château, miraculeusement préservé se trouvera restitué à sa légitime propriétaire à son retour en France, sous la Restauration, en vertu de l’ordonnance royale du 20 août 1814 ; elle visait en effet très expressément les « biens qui n’ont pas été vendus », ce qui pouvait être considéré comme s’appliquant à La Ferté-Vidame, en raison de l’annulation de fait de la cession de 1798, le domaine, remis en vente en 1803, n’ayant pas trouvé de nouvel acquéreur et étant resté aux Domaines de l’État (10). La duchesse n’en fut pas moins astreinte à d’interminables réclamations, s’attachant à prouver qu'il y avait eu séquestration et non confiscation de biens ; il s’ensuivit des embarras pécuniaires, la catastrophique parenthèse des Cent Jours ayant encore retardé les restitutions qui s’opérèrent jusqu'en 1818 (11).
Ainsi à La Ferté-Vidame, ravagée comme ailleurs, de toute l’opulence de l’Ancien Régime, il ne restait guère que les forêts du mémorialiste et ses anciens communs, comme les visites de la duchesse d’Orléans dans ses anciennes résidences devaient le révéler ; Sceaux, Armainvilliers, Chanteloup, Bizy, Amboise, comme La Ferté, saccagés ou vendus, « ces regrettables châteaux qu’avait le duc de Penthièvre » (12), n’étaient-ils pas le triste témoignage des fureurs aveugles et des excès d’une tempête, dont on ne regrettera jamais assez que la France n’ait pas su faire l’économie. La situation apparaissant de prime abord comme irrémédiable pour le grand château réduit à la majestueuse ruine que l’on sait, Louis-Philippe d’Orléans, comme sa mère dont il était l’héritier avec sa sœur Adélaïde, en 1821, se bornera longtemps aux quelques dispositions requises à l’entretien et l’utilisation du petit château, dont il semble que les Domaines de l’État impérial en avait laissé la disposition à la municipalité, sauf à lui concéder les Halles de La Ferté, en mai 1807 (13). On peut le constater en consultant le dossier de gestion du domaine qui figure aux Archives Nationales (14), dans les papiers de la Maison d’Orléans, grâce à la bienveillance de laquelle il nous a été permis d’en poursuivre le dépouillement. L’état des occupants, dressé sur place, le 9 juillet 1825, à l’intention du sieur Badoux, Directeur des Domaines de cette branche cadette de la Maison Royale de France, au Palais Royal, sa résidence sous la Restauration (15), fait apparaître que :
« Le Petit Château de La Ferté-Vidame est en partie loué et en partie occupé par les Agents locaux. Ce qui est loué est le local servant d’audience au juge de paix, et de salle pour les séances du Conseil Municipal. C’est la Commune qui le tient à loyer ; il est composé de deux grandes pièces, l’une au rez-de-chaussée, l’autre au premier formant l’un des pavillons ; cette portion n’a point d’issue sur le parc et la communication entre elle et le restant du château est interceptée (16).
Le surplus est occupé gratuitement ou vacant :
. le régisseur des fermiers de la forêt, auquel on est obligé de donner un logement au terme du bail (3 pièces au rez-de-chaussée) ;
. à la suite de ce logement sont de vastes remises, puis l’escalier montant au premier, puis 3 pièces, dans l’une desquelles l’inspecteur a établi sa cuisine, la seconde un bûcher, la 3ème son bureau ;
. ensuite un logement de la faisandière, et enfin celui des portiers du parc, telle est la destination du rez-de-chaussée.
Au premier, 8 grandes pièces à feu et de cabinet pour l’Inspecteur. La moitié de ces 8 pièces devant lui suffire, on propose un logement pour M. Lamy, père du secrétaire de S.A.R. Mademoiselle (17), retiré à La Ferté-Vidame, eu égard la difficulté de se loger à La Ferté, chacun étant propriétaire de sa maison... ».
Comme les prétentions longtemps élevées par la Commune de La Ferté à la propriété du bâtiment, qui servait de mairie , n’étaient plus de mise après le classement sans appel dans la catégorie des biens restitués aux émigrés, le duc d’Orléans, s’en tenant au statu quo, concédera cependant un logement supplémentaire gratuit au juge de paix (18), se bornant à veiller aux réfections réclamées sporadiquement.
C’est ainsi que, rappelant les rapports alarmants du garde-chasse de Saint-Simon, trois quarts de siècle auparavant, ceux d’avril 1826 font savoir que :
« La partie du sud ouest est exposée aux ravages de la pluie qui fouette avec violence contre les carreaux et s’introduit dans les appartements, en dégrade les boiseries et le plancher et entretient une humidité permanente (19), aussi nuisible à la propriété que dangereuse pour la santé des habitants.. ».
Sauf à relever, en passant, le carrelage d’une cuisine, en avril 1826, on voit qu’il est procédé encore à la réfection de l’appartement du sieur Le Roy, sous-inspecteur à La Ferté-Vidame, avec l’octroi de persiennes en septembre 1827. La situation s’étant pérennisée lors de l’accession du prince au trône, en lieu et place de ses cousins légitimes, en 1830, jusqu’aux grands aménagements de la fin du règne du « Roi des Français », on constate que les services des Domaines du Roi ont simplement pris la relève de ceux du duc d’Orléans ; de l’ensemble des documents et rapports qui se succéderont de 1831 à 1845 (20), ne mérite attention que la décision de « Sa Majesté, qui favorise sans cesse le développement de l’Éducation publique, de daigner accorder à la Commune la jouissance gratuite d’une partie du château pour une École de l’Enseignement Mutuel » ; le document émanant du Directeur des Domaines, en date du 28 novembre 1845, portant en apostille l’approbation de la reine Marie-Amélie (21), ne précise-t-il pas que :
« Le petit Château de La Ferté-Vidame, composé d’un pavillon du milieu, et de deux pavillons en ailes, est en partie loué à la Mairie, à la Justice de paix (22) et à M. Morice ; tout le surplus est ou occupé gratuitement par les agents locaux, et par l’école d’enseignement mutuel, ou vacant.
Il est constaté par un état dressé par M. Davière, Receveur du Domaine de La Ferté, le 30 octobre dernier, que la couverture du petit Château est en très mauvais état, et qu’en attendant il est indispensable de faire quelques réparations et recherches pour empêcher les eaux pluviales, qui pénètrent dans l’intérieur de détruire les plafonds (23)... ce qui est indispensable pour le conservation de la propriété... l’exécution de ces travaux, qui ont à la charge du propriétaire (devant être soumise) à l’approbation de Sa Majesté, pour un crédit de 126 fr. 50 c. » (24).
Le désir du souverain de profiter personnellement du château obligera peu après, et plus particulièrement en mai et juin 1846, à prendre de nouvelles dispositions, création de l’Hôtel de Ville à l’emplacement des Halles, arrangement de maisons pour loger l’Inspecteur, le Garde à cheval, le Receveur, comme de celle de l’Instituteur « avec addition à y faire d’une grande salle d’école » (25). Si l’intérêt du monarque pour le domaine devenait manifeste depuis 1845, il n’est pas interdit de penser que ce rénovateur passionné de bien des résidences royales et princières, au premier rang desquelles il faut placer le Château de Versailles, y fut quelque peu incité par son aide de camp, Alexandre Louis-Joseph, comte de La Borde, propre fils de l’ancien et si fastueux propriétaire de La Ferté-Vidame ; bénéficiant des bonnes grâces du Roi, qui lui confia assez légèrement l’Hôtel de Ville, en 1830, il passait pour un « philanthrope qui ne prenait rien au sérieux, mais dont la plus étrange des distractions était de se croire un homme politique, tout en étant « le plus aimable des hommes de salon, mais le plus incapable d’administrer même un village » ; en dépit de ce jugement excessif, « cet étourdi de soixante ans, député, questeur de la Chambre et aide du camp du Roi pour la Garde Nationale, s’était fait une réputation d’homme de goût et d’érudit dans le domaine archéologique et artistique, aussi fut-il associé aux grandes restaurations du Château de Versailles (26). Toujours est-il qu’à La Ferté un bal avait été donné, en mai 1845, le jour de la fête du Roi, « après ouvrages faits dans l’appartement non occupé du Petit Château, posage de glaces, meubles, tablettes et rideaux », une missive, datée du 3 mai, faisant connaître que « les habitants se sont rendus avec empressement à cette fête » (27).
De cette prédilection croissante de Louis-Philippe pour son domaine témoigne justement sa sœur, Mme Adélaïde, dans la lettre, encore inédite, qu’elle devait adresser l’année suivante, le 19 mai 1846, au « bon et cher Joinville », son neveu préféré (28). L’affection vigilante, mais exclusive de princesse pour un frère, dont elle n’avait jamais consenti à être séparée, ne laisse-t-elle pas transparaître l’attachement et le dévouement sans bornes qu’elle vouait au monarque :
« ... Notre bien aimé Roi est en parfaite santé ; il part demain, soit disant à 11 h du matin pour faire une visite de propriétaire à la Ferté-Vidame, avec Nemours (29) et Victoire (30), et décider les arrangements à faire. Cela l’amuse beaucoup (31) et lui fera du bien (32), ce qui fait que je n’ose rien dire (33) ; mais je t’avoue que ses absences sont toujours un tourment pour moi (34). Il couchera à Dreux (35) et restera deux jours à La Ferté-Vidame, et compte être de retour ici samedi pour dîner, ce qui sera un bon jour pour moi (36) ».
Madame Adélaïde n’eut de cesse de suivre son frère dans son déplacement, au point d’entretenir avec lui une correspondance journalière, et d’être attentive au télégraphe ; c’est ce que montrent encore les deux lettres qu’elle devait lui écrire de Neuilly, le lendemain et le surlendemain de son départ(36bis) :
« Neuilly, jeudi 21 mai, 10 h et demie du soir, 1846.
Cher bien aimé ami, tu fais tout pour nous adoucir ton absence, en nous donnant presqu’à tout instant de tes chères nouvelles ; nous avons eu celle de ton départ de Dreux à une heure et demie par télégraphe, puis après ton bon petit mot en courant de 10 h au moment de te mettre à déjeuner, puis ce soir la dépêche télégraphique de ton heureuse arrivée à La Ferté-Vidame à 5 h... Je me sens toute autre qu’hier, et toute remontée. Voilà une bonne journée de passée, et demain nous serons à la veille de ton retour... Mes amitiés aux chers Nemours. Demain les grandes affaires pour La Ferté, il me tarde de savoir ce qu’en dit Victoire ; pourvu qu’il fasse beau temps... ! »
« Neuilly, vendredi à 10 h et demie (22 mai 1846).
Avant huit heures, nous est arrivée la bonne dépêche de 6 h et demie de La Ferté-Vidame, disant, cher trésor, que tu venais de rentrer très bien portant, et content d’une longue promenade dans le parc et la forêt. Voilà Grave qui m’apporte ta lettre... que tu es bon, malgré ton peu de temps de nous écrire ainsi. J’aime bien cette population de Verneuil, j’espère qu’elle ne choisira plus Garnier-Pagès comme député. Voilà la bonne Reine qui m’apporte sa lettre, et je lui donne la tienne, tes projets sont bien bons, et assurément bien sages. Quelle délice de penser que demain, entre 6 h et 7 h du soir, tu nous reviens content et qu’à cette heure-ci je serai auprès de toi dans ton cher cabinet. Tu recevras ce petit mot en route... Nous aurons peut-être encore demain, des nouvelles de ton départ de la Ferté, par le télégraphe, avant ton arrivée ici... ».
Peut-être la princesse, pour laquelle, en dépit de sa sédentarité croissante, une chambre sera prévue lors des arrangements décidés peu après, s’attendrissait-elle quelque peu en songeant à un domaine que son aïeul, le Duc de Penthièvre, eut un moment l’idée de lui assurer, avec l’Hôtel de Toulouse, dès son plus jeune âge, en prévision de son union avec le Duc d’Angoulême, fils aîné du comte d’Artois, sans oublier que le projet, combattu par Marie-Antoinette, hostile aux Orléans, n’aboutit pas, le Roi Louis XVI ayant refusé son consentement (37) ; du moins n’est-il pas interdit de penser, qu’à son habitude, le Roi Louis-Philippe, tint à entretenir sa sœur des dispositions prises sur place (38), et dont il est curieux de suivre l’exécution tout au long des volumineux registres conservés aux Archives Nationales, sous l’intitulé: « Travaux de La Ferté-Vidame, entretien des bâtiments », de 1831 à 1848 (39).
De fait, il ressort bien qu’une « mise en état d’habitation d’une partie du château », fut prévue dès mars 1846, avec « arrangement provisoire pour le voyage du Roi », le monarque ayant aussitôt après ordonné les prévisions budgétaires des 5 et 6 juin 1846 pour un aménagement définitif du bâtiment et le relogement des occupants, dont il a été donné de faire mention antérieurement (40); l’étanchéité et la couverture requéraient les premiers soins et devaient être confiés aux « Pavie, artisans de Neuilly » (41), où le souverain avait créé sa résidence d’élection (42).
Pour ce qui avait trait au sous-sol, devait être entrepris, tout d’abord « la construction d'un passage souterrain entre le petit château et le hangar destiné aux salles de service..., communs dans le parc » (43), avec adjonction de « caves sous le salon contigu au pavillon d’angle du petit château et sous une partie de l’aile neuve des cuisines à y ajouter » (44). A considérer les plans imprimés par Lemercier (45), cette partie, interrompue au rez-de-chaussée par un portail central, donnant sur l’actuelle Cour Saint-Simon, et surmonté d’un campanile (46), devait former l’un des côtés de l’ensemble triangulaire ainsi projeté ; elle établissait la jonction entre le pavillon de droite du bâtiment primitif et la petite construction située en avant cour, devant l’église et devenue le pavillon d’angle avec addition de pittoresques tourelles.
C’est tout naturellement sur lui que devait s’appuyer le second côté du triangle, dont l’édification se réduisait en fait au raccord avec ce qui formait, sur la moitié de la longueur en cause, la construction également préexistante, en retour d’équerre, à gauche du petit château, sauf à procéder cependant à une « reconstruction » d’ensemble de cette partie, en lieu et « place de la gendarmerie » (47), afin d’être à même de former deux grandes salles à manger (48).
Encore fallait-il prévoir un long couloir ou « corridor » (49), doté de fenêtres donnant sur la cour, pour faciliter les accès, tout le long des deux ailes et du bâtiment principal, mais hors-œuvres quant à lui, et sur les deux niveaux de la construction, avec raccordements à deux escaliers circulaires aux angles et aménagement d’un escalier principal. Encore ce degré central n’était-il qu’à simple révolution, et non à deux comme l’est actuellement celui de bois sculpté ; on notera que le chiffre « L » répété, qui y figure, ne saurait être assimilé à celui du roi Louis-Philippe, comme il a été donné à certains de l’avancer trop légèrement (50), double raison de penser que cet escalier non dépourvu d’intérêt doit dater de l’occupation du château par la famille Laurent (51). A l’arrangement du premier étage du corps principal, prévu budgétairement le 5 septembre 1846, correspondra l’affectation des appartements en enfilade et donnant sur le parc, chacun se trouvant doté d’une garde-robe ouvrant sur le corridor, et c’est elle qui se trouve précisément indiquée à la plume sur les plans imprimés en blanc par Lemercier.
Si le prince de Joinville devait occuper la chambre à deux fenêtres du pavillon de gauche, avec le petit cabinet voisin, les quatre pièces suivantes ne semblaient pas nettement attribuées (52) ; venaient ensuite un petit cabinet doté d’un escalier intérieur et une chambre à deux fenêtres pour la « Reine » (53), puis deux chambres pour « le Roi », la princesse Adélaïde bénéficiant des deux pièces restantes du pavillon de droite, avec une petite chambre en retour d’équerre pour la « femme de chambre de Madame », juste avant celle de « l’Aide de camp du Roi », Alexandre de Laborde, petitement logé si l’on songe à la fastueuse ordonnance qu’il connut dans la résidence de son père. Suivaient huit autres « chambres de maître », conformément à « l’établissement de logements au premier étage de l’aile des cuisines » , et en complément de ceux de l’autre aile, à savoir quatre « chambres de dames », au-dessus de la grande salle à manger, précédant le « garde meuble », deux « lingeries » et une « argenterie » (54), le pavillon d’angle, au raccord des ailes, étant réservé « au service de la chambre » et à celui « de la bouche ». Dès septembre 1846 sont prévus 22 glaces, de la Manufacture royale (55), les parquets et moulures ; les « bornes et candélabres pour l’éclairage intérieur » n’apparaissent qu’à l’exercice 1847 (56), avec l’établissement « du calorifère pour chauffer les salons » (57) du rez-de-chaussée, « grand salon », du pavillon central, suivi à gauche de la « salle de billard », « salon de service », « salon d’attente » (58), et des deux « antichambres » des valets de pied et des valets de chambre, dans le pavillon terminal. Dans l’enfilade, de l’autre côté du grand salon, devaient se succéder les chambres de la duchesse de Nemours, du duc de Nemours, venus avec le Roi le 30 mai 1846, de la princesse Marguerite (59), et du duc d’Alençon (60), la femme de chambre de la duchesse de Nemours recevant la pièce située en retour d’équerre. Pour toutes les pièces étaient prévues des persiennes, mais des grilles pour la croisée de celles des cuisines et des offices donnant sur la rue.
Restaient les aménagements extérieurs, dont « un trottoir en asphalte avec bordure de pierre de Vernon », le long de l’aile des salles à manger et de la « façade principale, du côté du parc, formant un développement total de 147,60 m » (61), au-dessus des deux aqueducs (62) aménagés le long de ces deux parties du château, indépendamment de celui qui avait été construit « sur la rue, en avant du bâtiment des cuisines » (63). Deux conduits de fonte, l’un de «Ø15 pour amener les eaux de la Fontaine Gauthray au château », l’autre « de ø8 pour le potager (64)et l’allée des roses », venaient compléter les adductions intérieures nécessaires aux « salles de bains » (65), aux « réservoirs au-dessus des lavoirs » (66), et « une machine hydraulique » (67). La « recherche des eaux » devait se poursuivre avec l’établissement « d’un bassin à la rivière anglaise » (68) et la « réparation des bassins » (69), comme celle de la « grande glaciaire et achèvement de la seconde » (70). Furent tout naturellement envisagés la réfection et les « enduits des murs des fossés du château » principal et le « rétablissement de la partie supérieure de ces murs, compris le bandeau et le socle au-dessus, sans la balustrade » (71).
Pour la grande demeure ravagée, indépendamment de la « couverture en asphalte et la conversion en bûcher d’une partie de ses caves » (72), dont la superbe ordonnance doit sans doute beaucoup aux anciennes assises de la résidence fortifiée des Vendôme, c’est à quoi le monarque se vit contraint à borner ses efforts ; du moins les tourna-t-il vers le rétablissement des perspectives, consacrant bien des soins « aux travaux des allées du parc au-devant du château » (73) et aux clôtures. Indépendamment des murs dont la restauration avait été continue de 1835 à 1841 (74), furent prévues « deux grilles du côté de la ville » (75), puis « une grille et mur fermant l’entrée du château, en face de l’église » (76) ; on renonça au « transport et port d’une grille à l’entrée de l’avenue principale du grand château » (77), pour « remédier à l’anéantissement de la majestueuse ordonnance de celle qu’avait installée le marquis de Laborde » (78), pour se contenter de « grilles et portes extérieures du parc » (79), « loge de portier et grille sur la route de Senonches » (80), avec « écurie et remise à la porte du Champ brûlé » (81).
En plus des écuries anglaises restaurées en 1834 (82), furent construites « des écuries et remises, avec communs au-dessus, sur un terrain nouvellement acquis en dehors du domaine » (83), le long de l’avenue qui bordait le mur du parc à la hauteur du potager ; en se bornant très étroitement à la considération historique, on ne saurait trop regretter la récente disparition de cet ensemble, certes vétuste, mais qui n’était pas dépourvu d’un certain charme romantique et restait très évocateur des séjours du roi Louis-Philippe. Songeant à les renouveler et renouant avec la tradition, le souverain ne laissait pas de faire procéder à « l’aménagement d’une tribune dans l’église de La Ferté-Vidame » (84), en lieu et place de ses prédécesseurs ; les boiseries brunes rehaussées d’or qui se retrouvent en ce qui forme la tribune de l’orgue en témoignent encore, comme plusieurs tableaux de saints tout à fait dans la manière de Zurbaran, probablement offerts par un monarque, dont on sait la prédilection pour le peintre en ce « Musée espagnol » qu’il devait constituer au Palais Royal (85).
En l’église rénovée, fondée et embellie par les pieux seigneurs qui s’y succédèrent, « le Roi des Français, tout en régnant sur un peuple qui a la prétention d’être athée, retrouvait encore en sa mémoire un Pater et un Credo pour son office » (86) ou d’éventuels parrainages. A peine en eut-il le temps, comme de parachever l’œuvre de restauration de son domaine fertois (87), puisque « fléchissant sous le fardeau du pouvoir, au milieu de biens des mécomptes », il était contraint à l’abdication et à l’exil en février 1848 ; si ce ne fut pas sans espoir de retour afin de faire « prévaloir la politique qu’il jugeait indispensable au bien de son pays », pour cela comme pour la reconstruction de la résidence du duc de Penthièvre, « les hommes ne lui ont pas laissé le temps et Dieu ne lui en a pas accordé la faveur » (88). Du moins, par des arrangements mesurés et intelligents, qui, toutes proportions gardées, font songer aux salvateurs aménagements du Château de Versailles (89), haut lieu de la résurrection permanente des Mémoires de Saint-Simon, le « Roi Bourgeois» a-t-il, somme toute, préservé à La Ferté-Vidame, l’élégante façade d’époque Régence de la « Maison des écuries » du grand écrivain; n’en était-il pas doublement l’arrière cousin (90) et par son Œuvre même pouvait-il ignorer les liens multiples et étroits qui unirent Monsieur et le Régent, les premiers ducs d’Orléans de la lignée de ses aïeux, à Monsieur le Duc de Saint-Simon?
François Formel,
Chargé de la conservation du Musée Saint-Simon.
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Notes
(1) Cf. Archives Nationales, Fonds privé, Archives de la Maison de France, 300 AP(1) - 669 ; à notre instigation cet ample et précieux document a donné lieu à une reproduction photographique intégrale pour la récente Exposition, à la préparation de laquelle il nous a été donné d’être associé (voir Catalogue de cette rétrospective, en voie d'être pérennisée, sur L’Histoire des châteaux et du parc de La Ferté-Vidame, sept. 1990, p. 12).
(2) Cf. Bulletin de La Ferté-Vidame, 1988, p. 11.
(3) Cf. Saint-Simon, Mémoires, éd. Boislisle ou du Tricentenaire, B., t. XXXVI, p. 209. En l’occurrence, le remboursement tardif, sous la Régence, des avances faites à la Couronne pour les fortifications de Blaye, par le Duc Claude, père du mémorialiste; le fait est consigné pour l’année 1719, ce qui autorise à penser que la construction de la « maison des écuries » s’échelonna de 1718 à 1719.
(4) Reproduction de l’original perdu dans le Catalogue du Musée Saint-Simon, La Ferté-Vidame, 1986, p. 88. On note trois portes doubles au pavillon central.
(5) Cf. Bull. de La Ferté-Vidame, 1984-85, p. 22 (lettres de décembre 1750).
(6) Cf. Bull. de La Ferté-Vidame, 1988, p. 11, d’après Arch. Nat., Minutier central, étude CVIII-485 « Registre des délibérations des créanciers du duc de Saint-Simon » ; document du 31 décembre 1752, inséré à la date du 23 janvier 1753, selon lequel « l’eau pénétrait au travers des colombages du cabinet des papiers de la maison des écuries, où loge M. Hachette ».
(7) Sur la façade donnant sur le parc on dénombrait, comme aujourd’hui, 21 ouvertures au rez-de-chaussée (3 pour chacun des pavillons), 21 autres mansardées au premier étage, et 3, également mansardées pour les combles du grand pavillon central.
(8) Cf. Édouard Lefevre, Annuaire... du dép. d’Eure-et-Loir, Chartres, Garnier, 1851 (12ème année), p. 221 (dont précieuse réédition par les éditions Res. Universis, Paris, 1989, 122 p., ne restituant que ce qui a trait à « La Ferté-Vidame et ses environs », voir p. 57).
(9) Le portier, qui occupait ce bâtiment, est mis en scène dans la relation donnée par Alexandre de Beauharnais de sa visite au marquis de Laborde, en août 1782 (cf. Bull. de La Ferté-Vidame, 1989-1990, p. 41 : « Le portier de la petite grille... »). Les plans dressés par Lemercier, pour les grands aménagements de 1846, font apparaître le tracé des bâtiments anciens, façade, pavillon de droite et son prolongement en retour d’équerre, et le petit édifice isolé, près de l’église, sur lequel viendront s’appuyer les deux ailes qui fermeront le triangle déjà esquissé auparavant (cf. Arch. Nat., 300 AP(1) - 1628, 2 feuillets grand in-folio: « Plan du petit château », 1846, avec la mention « Imp. Lith. Lemercier à Paris » ; les plans imprimés étaient dépourvus de légendes, l’affectation des pièces ainsi aménagées a été rajoutée à la plume.
(10) Renseignement déjà consigné dans l’opuscule intitulé: Histoire et Plan touristique de La Ferté-Vidame (Eure-et-Loir), éd. par l’Union commerciale (Syndicat d’initiative), Chartres, Impr. Commerciale, s.d. (vers 1950), p. 9. Faut-il accréditer qu’après le démantèlement quasi total du grand château devait se produire un incendie, en 1808 ?
(11) Cf. A. de Maricourt, La Duchesse d’Orléans, mère du Roi Louis Philippe. La Révolution - L’exil - Les dernières années (1791-1821), Paris, Émile-Paul, 1914, p. 276 et suiv.
(12) Cf. Comte Anatole de Montesquiou, Souvenirs sur la Révolution... et le règne de Louis-Philippe, P., Plon, 1961, p. 487 ; à cette allusion aux châteaux de son grand-père, Louis-Philippe, lors duc d’Orléans, rétorqua qu’il regrettait surtout Rambouillet, « qui n’avait jamais été payé », ce qui infirme l’idée selon laquelle le duc de Penthièvre, contraint d’abandonner cette résidence en raison de l’insistance de Louis XVI, aurait payé l’achat de La Ferté avec l’indemnisation royale. Lors de son voyage en Normandie, sous la Restauration, la duchesse d’Orléans douairière fera une visite à son beau-frère naturel, l’Abbé de Saint-Albin, bâtard d’Orléans, en son château du Buisson de Mai, dans l’Eure (cf. A. de Maricourt, op. cit., p. 306-307). Alexandre Dumas, dans son Histoire de la vie politique et privée de Louis-Philippe (P., Dufour, 1852, t. I, p. 160), évoque « l’immense fortune du duc de Penthièvre, qui montait à près de cent millions, tant en biens fonciers qu’en palais, parcs et châteaux ». Pour ce qui a trait à ce prince, héritier des biens immenses des bâtards de Louis XIV, on renvoie à l’ouvrage de Jean Duma : Les Bourbon-Penthièvre (1678-1793), P., publication de la Sorbonne, 1995, fort in-8, 746 p. Le mobilier était à proportion de la fortune domaniale, en témoignent maintes dispersions d’objets prestigieux ; c’est le cas du précieux Inventaire après décès des collections du duc de Penthièvre, à l’Hôtel de Toulouse et à Sceaux (avril à novembre 1793), très récemment retrouvé (cf. Catalogue un, 2007, du libraire Jean-Baptiste Proyart, in-4, p. 108-113 avec reproductions) ; plus concrètement ce sont diverses ventes : celle de la table à la Bourgogne de la duchesse de Penthièvre (Biennale des antiquaires au Carrousel du Louvre novembre 1994 et Figaro Magazine du 5 novembre 1994, p. 84), puis de la somptueuse commode de la résidence de Châteauneuf-sur-Loire (cf. vente de mobilier… du 18 juillet 2008, P., Drouot, Etude Piasa, n°123 avec reproduction pour 180 000 €), et enfin d’une partie de service en argent aux armes de ce qu’on appelle l’ensemble « Penthièvre-Orléans » (cf. Catalogue Royal French Silver, Coll. Ortiz, Sotheby’s New York, 13 novembre 1996, et Sotheby’s Preview, novembre 1996 avec reproduction de la soupière, et aussi Armes et souvenirs historiques, P., Drouot, Etude de Maigret, 17 novembre 2004, n° 135 pour deux seaux à rafraichir aux armes également).
(13) Figure, en effet, aux Archives Nationales (cote 300 AP (1) - 671), l’attestation de vente du 4 mai 1807 (« Décompte pour acquisition de Domaines Nationaux »), « des Halles de La Ferté-Vidame, objet provenant de S.A.S. Madame la Duchesse d’Orléans, abandonné à la Commune de La Ferté, en exécution du décret du 26 mars 1806, par arrêté de M. le Préfet du 4 mai 1807, pour la somme de 3300 F, payables en 8 années, en numéraire » (suit la liste des versements successifs).
(14) Cf. Arch. Nat., 300 AP(1) - 1628. On relèvera la présence, dans cette liasse, d’un « Plan de la ferme de la Richardière, contre le parc de La Ferté », de format in plano, par Yvon, 15 mars 1823.
(15) De la bibliothèque de Louis-Philippe, au Palais-Royal (résidence qui appartenait à son ancêtre, Monsieur, frère de Louis XIV, puis au Régent, et que Saint-Simon hanta longtemps), faisait partie le très curieux ouvrage de Fortaire, anciennement attaché au duc de Penthièvre, intitulé : Mémoires pour servir à la vie de M. de Penthièvre, Paris, Delance, 1808, in-12, 340 p., cartonnage papier maroquiné rouge, avec au dos le chiffre couronné LPO de celui qui n’était encore que duc d’Orléans (avec cachet ajouté postérieurement: « Bibliothèque du Roi, Palais Royal »), et se trouvait être le petit-fils du prince (exemplaire de la collection F. et G. Formel).
(16) Il semblerait qu’il s’agisse du pavillon situé à droite, une porte donnant directement sur ce qui est l’actuelle « Cour Saint-Simon ».
(17) M. Lamy remplaça M. Pieyre, son oncle, comme secrétaire des commandements de la maison de « Mademoiselle », titre réservé à la sœur de Louis-Philippe tant qu’il fut duc d’Orléans, avant d’avoir droit à celui de « Madame », comme sœur du Roi ; la qualification d’Altesse Royale, refusée obstinément par Louis XVIII, fut accordée par Charles X, en 1824, au frère et à la sœur. Voir Raoul Arnaud, L’Égérie de Louis-Philippe : Adélaïde d’Orléans (1777-1847), d’après des documents inédits, Paris, Libr. Acad. Perrin, 1908, in-8, p. 302 et 226 (avec plusieurs portraits de la princesse, conservés à Chantilly).
(18) Cf. Document en date du 27 janvier 1833, précédé par une lettre du maire de La Ferté à M. Badoux ; Directeur des Domaines, au Palais-Royal, datée du 4 janvier 1831.
(19) On en constate les méfaits plus de 150 ans après, plus spécialement pour ce qui a trait aux charpentes et aux poutres du pavillon de droite, de grands efforts ayant permis de limiter les dégradations grâce à la réparation salvatrice des toitures et du rez-de-chaussée correspondant.
(20) Cf. Arch. Nat., 300 AP(1) - 1628(2) : « Domaine de La Ferté-Vidame, Petit Château et Dépendances », et à défaut du « Procès-verbal d’aménagement de La Ferté-Vidame », coté 300 AP(1) -1782 bis, non retrouvé, les deux registres de travaux correspondant à la cote 300 AP(1) - 1611 et 1612. On peut relever la mise en état de deux pièces en 1834, d’un complément de logements des pavillons, en 1836, et de trois autres pièces en 1838, indépendamment de la restauration continue des murs du parc, du moulin, et des écuries anglaises (en 1834, pour 3 700 F). De 1831 à 1845 les dépenses engagées s’élevaient à 105 926 F.
(21) Apostille « De la main de la reine, approuvé », en marge du « Rapport » rédigé au Palais Royal par le Directeur des Domaines (« Direction des Domaines, La Ferté-Vidame, succession maternelle, le Roi, Petit Château »).
(22) Voir la pièce sur l’octroi du logement au juge de paix, en date du 27 janvier 1833. La consultation des registres relatifs aux aménagements commencés en 1846, permet de préciser que « le bâtiment d’angle du petit château », en retour d’équerre, à gauche, comme l’indiquait l’inventaire de 1797, était affecté à la gendarmerie ; on sait que la brigade de Gendarmerie à pied, créée le 1er juin 1844, devait s’implanter rue de la Clouterie et on incline donc à penser qu’elle ne dut s’y transporter qu’après une installation initiale au château, c’est-à-dire au cours de l’année 1846 (le casernement actuel ne datant que de janvier 1894 ; cf. Mdl.Chaf Delannoy, « Gendarmerie d’hier et d’aujourd'hui », dans Bull. de La Ferté, 1988, p. 18-19).
(23) Est noté marginalement qu’un crédit est ouvert, par M. Davière, pour « la couverture du petit château », à laquelle d’autres sommes étaient consacrées dès 1831, puis en 1834. Des réparations « urgentes» s’imposaient encore en mars 1846.
(24) Était encore noté.que « le puits, dans la cour du petit château, dont la vase corrompt l’eau, a besoin d’être curé », chaîne et corde, usées, « étant hors de service ».
(25) Un rapport du 23 mars 1846 aura encore trait à la « réparation du poële de l’école d’enseignement naturel établie dans une partie du bâtiment du petit château ».
(26) Cf. Journal de Viennet, pair de France..., Paris, Amiot-Dumont, 1955, p. 105 et 183. De ce fils du financier, né en 1773 et mort en 1842, on a conservé deux portraits lithographiés, l’un rappelant son appartenance à l’Institut Royal de France, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, où il fut élu dès 1813 (30 x 22,5 cm, coll. F. et G. Formel), l’autre comportant la mention de sa qualité « d’Aide de Camp du Roi », effigie qu’il nous a été donné d’adjoindre à l’Exposition rétrospective de sept. 1990 (omission au Catalogue, p. 14, où figure une miniature du même).
(27) Cf. Rapports des 20 et 25 mai 1845.
(28) Un ensemble de lettres d’Adélaïde d'Orléans a figuré à la vente de Souvenirs historiques, lettres autographes..., du 19 mai 1989 (Paris, Hôtel Drouot), et a été acquis sous nos yeux par le Musée Condé du Château de Chantilly (Institut de France). La lettre relative à La Ferté n’ayant pu être séparée, Mme le Conservateur des Collections a eu pour agréable de nous faire parvenir une reproduction du document, dont on trouve ici la transcription partielle ; nous l’assurons de notre parfaite gratitude.
(29) C’est Louis-Charles-Philippe d’Orléans (1814-1896), l’un des fils de Louis-Philippe, familièrement appelé « Tan » ou « Moumours », assez renfermé, il subit longtemps l’influence de son frère aîné, le duc d’Orléans mort accidentellement en 1842.
(30) Victoire-Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (1822-1857), la très belle épouse du duc de Nemours, sut se concilier les bonnes grâces de Mme Adélaïde qui la préférait à la veuve du duc d’Orléans, écartée d’une régence éventuelle au profit du duc de Nemours.
(31) On sait que le souverain se passionnait pour ces restaurations, qu’il surveillait de près, celles de Versailles en particulier où Mme Adélaïde le suivait assidûment (cf. R. Arnaud, op. cit., p.323).
(32) La princesse appréciait les vertus de la campagne, et quant à elle ne quittait qu’à regret sa résidence de Randan, à côté de Rioms, où elle emmenait ses neveux. Parmi les successives et déplorables ventes et liquidations des biens de la maison d’Orléans et du Comte de Paris, dont la fortune était considérable, on retiendra celle du Château de Randan, mobiliers, tableaux et collections d’armes (P., Drouot, étude Million et associés, 23-24 mai, puis 8 juin 1999 avec généalogie détaillée de cette branche très cadette des Bourbons). On y relèvera le grand portrait de Louis-Philippe par Louis Hersent, les bustes et statues de ses fils, et surtout l’effigie en marbre de Philippe Egalité (par « F. De Nisot, 1785 »), dont une version de 1789 à Versailles (offerte par le roi en 1837 et une autre vendue à Londres dès le 14 décembre 1996), le si peu fidèle époux de la fille du duc de Penthièvre, héritière de La Ferté-Vidame. C’est pour ne rien dire des services de casseroles en cuivre marquées au chiffre « LPO » comme celles de l’inventaire de La Ferté.
(33) Faut-il déceler ici une réticence en raison des importantes dépenses qui allaient découler ; ayant l’esprit des affaires Mme Adélaïde ne laissait pas de s’occuper d’une fortune que le frère et la sœur n’avaient pas partagée longtemps après la mort de leur mère (un tiers revenant à la princesse), et ne laissait pas de passer pour très intéressée (cf. R. Arnaud, op. cit., p. 181 et 190).
(34) « La bonne Demoiselle » avait l’habitude d’accompagner le Roi dans ses sorties les plus agréables comme les plus officielles ; elle ne pouvait oublier le souvenir de l’attentat de Fieschi du 28 juillet 1835 et la famille royale venait d’essuyer une décharge de carabine au printemps 1846, à Fontainebleau. Très éprouvée par la mort du duc d’Orléans, sa santé allait donc en se détériorant, l’asthme l’obligeant à la sédentarité (cf. Mémoires de la comtesse de Boigne, P., Émile-Paul, 1923, t. V, p. 60 et suivantes, sur l’entourage de la princesse). Relatant cet attentat, perpétré par un ancien garde de chasses nommé Lecomte, le prince de Joinville notera que les « plus poignantes anxiétés sont les dangers et les souffrances de ceux que l’on aime » ; il indique que, peu après, il fut « appelé au commandement de l’escadre en Méditerranée », ce qui explique son absence durant l’été 1846 (cf. Pr. de Joinville, Vieux souvenirs, 1818-1848, P., Calmann-Lévy, s.d., p. 415-417).
(35) Sans doute y trouvait-il l’occasion d’une visite à la Ville, car on sait que Saint-Simon, quant à lui, faisait le voyage d’une seule traite, ce qui correspondait à neuf bonnes heures de route.
(36) Après avoir donné des nouvelles de la Reine Amélie, la princesse a signé de son chiffre « A d’O. » ; le papier à lettre comporte un chiffre couronné « A.O. », semblable à celui qui était frappé au dos des reliures de ses livres (en témoigne son exemplaire du Roman comique de Scarron, en 3 vol., d’une édition de l’an IV : collection F. et G. Formel). On note encore une petite fleur de lys au bas et au recto de chaque feuillet, surmonté d’une petite barre, marque de la cadesse.
(36 bis) Cette lettre et la suivante ont été publiées par le Marquis de Flers, à partir d’originaux achetés en vente publique, dans son livre Louis-Philippe, vie anecdotique (1773-1850), P., Dentu, 1891, in-8, p. 360-363.
(37) Cf. R. Arnaud, op. cit., p. 51-52. Mme Adélaïde ne dissimulera jamais son hostilité à la branche aînée et légitime des Bourbons. On rappellera qu’en définitive le fils du futur roi Charles X épousera l’infortunée fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, connue sous le nom de « Duchesse d’Angoulême », et qu’il n’eut pas de postérité de cette union.
(38) Dans ses Mémoires, Mme de Boigne, fera allusion aux entretiens que le Roi avait chaque soir avec une sœur dont il appréciait le bon sens et la grande fermeté de caractère (op. cit., t. V, p. 51 et suivantes).
(39) Cf. Arch. Nat., Archives de la Maison d’Orléans, 300AP(1) - 1611 et 1612, soit deux grands registres in-folio. Pour donner à cet article des limites raisonnables, on n’a pas cru devoir aborder ce qui a trait au mobilier, dont inventaire fut dressé avant la vente de 1850 (cf. deux registres de l’inventaire conservés aux cotes 300AP(1) – 1614 et 1615). Devait faire partie de l’état de la batterie de cuisine, la belle pièce de cuivre rouge aux armes royales, dont on nous a signalé la vente courant 1990.
(40) Sur la libération du local, voir les notes 22 et 25. Pour les références aux registres des aménagements, on utilisera l’abréviation « Rg ».
(41) Cf. Rg - 1611 : travaux effectués à partir du 20 juillet 1846.
(42) De « ce Neuilly charmant », domaine de prédilection de son père et de sa mère, qui l’avaient créé, le prince de Joinville notera qu’il ne restera que le souvenir, après le sac et l’incendie des journées révolutionnaires de février 1848, qui contraignirent le roi à l’abdication.
(43) Cf. Rg. 1612, 4e crédit supplémentaire, 6 juin 1846 (16 334 F).
(44) Cf. Idem, 4 875 F.
(45) Cf. Arch. Nat., 300AP(1) - 1628 ; sur ces deux plans lithographiés le tracé du « petit château » ressort immédiatement, étant figuré en traits noirs et gras, les additions en traits maigres, l’épaisseur des murs apparaissant en blanc.
(46) Cf. Rg - 1612, pour 1847, soit 3 245 F, et 3 351 F pour « la fourniture d’une horloge de 3 cloches ».
(47) Cf. Rg - 1612, pour 1847, soit 50 064 F. Voir la note 22.
(48) Apparemment dotées chacune d’une longue table ovale.
(49) Cf. Rg - 1612 : crédit supplémentaire du 28 mai 1847, de 3 356 F, pour « établissement du corridor de cave, sous celui de service du bâtiment principal ».
(50) D’évidence le chiffre du roi était « LP » et surmonté d’une couronne royale (à feuilles d’ache, et non de fleurs de lys, ce qui convenait mieux au « roi des Français ») ; il ornait similairement les reliures de ses bibliothèques comme en témoigne son exemplaire in-folio de la Vie des hommes illustres de Plutarque, (P., Dubois, 1838 ; dans une collection particulière), le chiffre « LPO », surmonté d’une couronne fleurdelisée, se retrouvant sur les volumes antérieurs à 1830 (tel le volume mentionné à la note 15, ci-dessus).
(51) Confisqué sous le Second Empire, le domaine fut acheté le 9 décembre 1855 par une société qui le revendra au docteur Guérin ; rendu aux Orléans en 1872, il fut cédé au baron de Dorlodot le 27 juillet 1872, puis passa à M. Charles Laurent, doyen des agents de change de Paris, en 1880, avant la désastreuse cession à M. Paris qui dépeça le parc ; de ce dernier il passa à M. Pierre Vieljeux, en 1936, pour 2 500 000 F ; s’en suivra le morcellement, une part étant achetée par la Société automobile Citroën, en 1938, l’autre passant sous le contrôle du Ministère de la Justice en 1945 pour l’Œuvre Marie-Madeleine fondée par le Révérend Père Courtois. Après les péripéties que l’on sait, les deux châteaux, et la portion de parc circonvoisine, viennent très heureusement de passer sous le contrôle direct du Conseil Général d’Eure-et-Loir, ce dont on ne saurait trop se féliciter, sauf à assurer ceux qui y ont contribué avec tant d’efficience de notre gratitude.
(52) La mention « Id », pour chacune de ces pièces, ne semble pas indiquer une attribution au prince de Joinville ; on notera qu’à cette époque il était marié à Françoise-Caroline de Bragance et avait deux fils, dont le petit Pierre-Philippe, né en novembre 1845, et titré très heureusement « duc de Penthièvre ». Le duc d’Aumale et son épouse, quant à eux, ne sont pas mentionnés, et auraient pu être bénéficiaires de ces pièces.
(53) Cf. Rg - 1612: 5e crédit supplémentaire du 5 sept. 1846 (6 268 F).
(54) Étaient prévues des « armoires pour la lingerie », une table, « portes et coulisses », et d’autres par les « bronzes et l’argenterie » (crédit du 28 mai 1847).
(55) Cf. Rg - 1612, 5e crédit suppl. du 5 sept. 1846.
(56) Cf. Rg - 1612, crédits de 4 000 F (1847), qui furent annulés, comme d’autres, ce qui montre que les aménagements n’ont pas été à leur terme.
(57) Cf. Rg - 1612, crédit utilisé de 3 356 F (28 mai 1847).
(58) L’exécution de ce salon de service, prévu sur le plan de 1846, au niveau des 6ème et 7ème fenêtres de la façade sur le parc, en partant du pavillon de gauche, est probable ; il n’en reste pas moins qu’il a disparu pour moitié, se réduisant actuellement à une petite pièce d’une fenêtre ; l’enfilade est en effet interrompue par un passage avec porche, entre cour et parc, au niveau de la 6ème arcature, disposition antérieure à 1900, puisque bien visible sur les cartes postales les plus anciennes, et qui date probablement de l’occupation du château par les Laurent. L’usage montre assez la commodité d’un tel accès, et il semble qu’il existait avant les arrangements de Louis-Philippe ; c’est ce qu’il est possible de supposer en observant la représentation que Van Blarenberghe a donnée vers 1750 : au niveau de la 5ème arcature, l’absence de portes visibles rend plausible l’existence d’un tel passage mais aussi celle de son symétrique. La création de l’enfilade entraînait la suppression de cette disposition, d’autant que ces ouvertures (possibles) se seraient trouvées situées en face des deux escaliers d’angle. Il est donc curieux de noter que le passage actuel (unique) serait, en quelque sorte le rétablissement d’une disposition contemporaine de l’occupation du duc de Saint-Simon.
(59) Sans doute la petite princesse Marguerite, fille du duc de Nemours, née le 16 février 1846, la seule représentante de la famille qui réponde à ce prénom (cf. H. Vrignault, Généalogie de la Maison de Bourbon, P., Lefebvre, p. 61-63).
(60) Ce titre ne semble pouvoir s’appliquer qu’à Ferdinand-Philippe, né le 12 juillet 1844, frère de la précédente. Cette préférence affichée pour les Nemours et leurs enfants peut s’expliquer par la froideur des relations du roi et de sa sœur avec la veuve du duc d’Orléans, fils aîné, mort en 1842. La rue, qui se trouvait « au-devant de l’aile de la salle à manger », n’était-elle pas « la rue de Nemours » ? (cf. Rg - 1612 : 17 août 1847), en continuation de l’actuelle rue du Temple.
(61) Cf. Rg - 1612, crédits du 17 août 1847, soit 11 527 F ; effectif de la dépense, 27 634 F.
(62) Soit un crédit de 9 134 F, prévu le 28 mai 1847.
(63) Crédit de 5 319 F, prévu le 28 mai 1847.
(64) Crédits de 25 000 et 1 200 F au budget de 1847, avec la mention « non exécutés, crédits nuls ». Furent réalisés des treillages pour les espaliers.
(65) Soit 2 salles de bains au 1er étage et une autre « dans l’appartement de Mme la Duchesse de Nemours », pour 4 500 F, mais avec l’indication : « crédits annulés, les travaux n’ont point eu lieu ».
(66) Non exécuté (dépense nulle).
(67) « Non exécuté, crédits nuls ».
(68) « Non exécuté ».
(69) La dépense fut de 8 802 F, au lieu des 3 000 F prévus.
(70) Soit 12 234 F, avec la pose d’un réservoir sur la grande glacière. Elles sont parfaitement discernables sur les plans du domaine, à proximité de l’étang de Gautrey.
(71) Soit un crédit de 18 000 F, mais les travaux ne furent pas exécutés.
(72) Réalisé en 1847, pour 9 123 F au lieu des 4 000 F prévus.
(73) Dépense de 6 189 F (pour une prévision de 9 918 F en sept. 1846). De la remise en état des allées et du rétablissement des perspectives des années 1846 et 1847, témoignent les nouvelles appellations d’allées « de la Reine », « de Nemours », de « Ligne d’Aumale », derrière le grand château, et des Ronds « du Roi », « de la Reine », « de Joinville », « des princes » aux intersections des principales « Lignes du parc », l’allée transversale « de Neuilly » et la porte du même nom rappelant la résidence favorite de la famille royale. C’est ce qu’il appert de la consultation du plan manuscrit au 1/10 000e, dont on doit l’aimable communication à Mlle Suzanne Moreau (« Domaine de La Ferté-Vidame ; 859 hectares clos de murs, Ancien domaine du roi Louis-Philippe »).
(74) Cf. Rg - 1611.
(75) Prévision du début de l’exercice 1847 (9 117 F) ; fermeture réalisée pour 5 320 F, sans doute pour le fonds de l’actuelle « Cour Saint-Simon » et l’accès latéral, face à la route de Verneuil (actuel Pavillon Saint-Dominique).
(76) Rg - 1612, 2ème partie de l’exercice 1847 ; crédits prévus, 4 000 F. Le projet n’eut pas de suite (crédits annulés) et la « Cour Saint-Simon » ne fut pas fermée, en face de l’église.
(77) Le crédit de 2 000 F prévu pour ce travail fut annulé ; il est probable que fut posée une grille provisoire, « étroite et sans encadrement », lors des travaux de fermeture prévus de nouveau au budget (voir note 79). C’est cette grille que Mme Laurent transférera, en 1880, à la porte de la Tuilerie sur la route de Senonches (cf. Le Petit Fertois, mai-juin 1939, et Bulletin de La Ferté-Vidame, 1988-1990, p. 46, note 16). On sait encore que les éléments de la grille du fonds de la « Cour Saint-Simon », qui « établissait la communication avec le pays », furent enlevés la même année pour être transférés « au Saut du Loup », de part et d’autre du fossé et « remplacés par le mur actuel ». L’ouverture située face à la route de Verneuil devait être dotée, à la même époque, de la majestueuse grille du Pavillon Saint-Dominique, actuel « Musée Saint-Simon ».
(78) Cf. Mémorial Laborde, rédigé par Alexandre de Laborde, vers 1938.
(79) Avec la grille de Mousseuse (voir note 77), des portes étaient à rétablir le long de la route de La Loupe (dont celle de « Neuilly »), ainsi que la « Porte noire »
(80) « Travaux non exécutés ».
(81) Ces pavillons furent construits pour la somme de 545 473 F, et fut ajoutée la « grille du Champ brûlé » (peut-être postérieurement).
(82) Rg - 1611, dès 1834, pour 3 700 F. Pour faire court, on mentionnera encore sommairement l’établissement de « la Faisanderie » (24452 F), « du chenil avec réparations des dépendances », situées du côté du potager ; le « bâtiment pour le manège » ne fut pas réalisé.
(83) Situées en face du mur du parc, face au potager, ces écuries coûtèrent 65 468 F (crédits prévus 38 395 F) et furent aménagées en résidence par M. et Mme de Fontanges. A l’emplacement vient d’être édifié le bâtiment de l’Œuvre des Papillons blancs. En complément et pour ce qui intéresse le domaine « De 1784 à nos jours », voir l’article de F. Dugas de Villard, paru dans La Ferté-Vidame, 1000 ans d’Art et d’Histoire, Edition des Amis du Perche, 1998, in-4, p. 125-163.
(84) Crédits du 28 mai 1847 (1 955 F) ; travaux exécutés pour 2 065 F.
(85) Le roi s’efforcera de reconstituer les collections de peintures des Orléans, dont on sait que Laborde de Méréville, fils du banquier, fit passer l’essentiel pour la vendre en Angleterre, cet important service ayant compromis son père et ayant servi de chef d’accusation en 1794. Aussi le baron Taylor et Adrien Dauzats furent-ils chargés d’acquérir un grand nombre de toiles dont 81 tableaux de Zurbaran, « ou supposés tels », pour la Galerie d’Orléans (cf. José Cabanis, Le Musée espagnol de Louis-Philippe, P., Gallimard, 1985, p. 80-82, et 92: « Les saints de Zurbaran »).
(86) Cf. A. de Montesquiou, Souvenirs..., op. cit., p. 500.
(87) Les Registres attestent que nombre des articles prévus ne furent pas exécutés (logements des ailes, décoration intérieure, salles de bains, manège, adductions d’eau) ; un crédit de 82 500 F était affecté au début de 1848.
(88) Cf. M. Guizot, Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps, P., Michel-Lévy, 1867, t. VIII, p. 595.
(89) Suivant les Registres, il est possible d’indiquer le montant de la dépense globale pour les travaux exécutés : soit 105 926 F (années 1831 à 1845), 456 289 F (année 1846, dotée de 5 crédits supplémentaires), 249 984 F (année 1847), et 2 484 F (en 1848, avant le 24 février..., date à laquelle prend fin très symboliquement l’état des travaux), l’ensemble correspondant à un total de 714 683 F or.
(90) Charlotte de l’Aubespine, mère de Louis de Saint-Simon n’était-elle pas la cousine issue de germaine d’Athénaïs de Mortemart-Rochechouart, marquise de Montespan ; de cette maîtresse, Louis XIV eut Mlle de Blois, épouse du Régent, Philippe d’Orléans, trisaïeul du roi Louis-Philippe, et un autre bâtard, le comte de Toulouse, père du duc de Penthièvre, propre aïeul du même Louis-Philippe ; à en rester à la note généalogique si chère à l’esprit du mémorialiste, on rétablit ainsi la chaîne des temps, Marie-Christine Chrétienne de Saint-Simon, petite-fille de Saint-Simon, morte en 1774, ayant pu saluer la naissance, en 1773, de son successeur à La Ferté-Vidame, « le Roi des Français », son cousin ; il l’était même trois fois, en ce qui la concerne personnellement, du fait de la duchesse de Saint-Simon, petite-cousine de Madame, la fameuse « Palatine », mère du Régent, autre filiation féminine de Louis-Philippe (cf. F. Formel, Alliances... Le Souci généalogique chez Saint-Simon, P., Éd. Vendôme, 1984, t. IV, ou t. XXIV de l'éd. du Tricentenaire des Mémoires de Saint-Simon, p. 822 : tableau de la parenté des Saint-Simon avec les Orléans).